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Ce "portrait-paysage" est d'une composition pour le moins
inhabituelle. L'artiste s'est représenté en pied, au centre du tableau. A la
verticalité du mât du bateau, et de celles des cheminées des maisons, est opposé le
plan horizontal du pont du Carrousel. L'ensemble est agrémenté de plusieurs segments
obliques qui se font écho (la proue et le pinceau, les cordages supportant les pavillons,
les bords de route,...) |
Photographie
du
Port Saint-Nicolas. |
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Henri Rousseau réalise son autoportrait
d'un manière peu conventionnelle. Il s'est doté de sa palette, de son long pinceau et de
son feutre. Le noir, absent des courants impressionistes, est la couleur de son habit, qui
contraste violemment avec le fond clair du ciel.
Par comparaison, ci-dessous trois autres autoportraits de peintres :
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Henri Rousseau, du fait de ses perspectives hasardeuses, semblent flotter
dans ce paysage.
Mais s'agit-il vraiment de perspectives hasardeuses ? Les badauds sur le quai semblent
bien loin du Douanier.
Probablement cherche-t-il à marquer ses distances avec sa fonction de gabelou. Il tourne
le dos aux quais comme s'il voulait rompre avec son passé, et se "promulguer"
artiste.
Il a l'air pénétré, sévère, austère car il n'est plus question pour lui d'être
considéré comme peintre du dimanche.
Il manque un chevalet dans ce paysage. Ne serait-ce pas le mât et les vergues qui en
serait l'architecture géante, prête à accueillir une toile aux couleurs suggérées par
les pavillons ? |
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En arrière-plan, la si controversée tour Eiffel, initialement peinte en
jaune, et achevée en 1889. Le Douanier Rousseau et Seurat furent les premiers à
l'intégrer dans un tableau.
| Le symbole du modernisme pour un peintre qui se
voulait moderne. Mais c'est aussi le symbole de son ambition. Etre parmi les plus
grands. |
La Tour Eiffel
de Georges Seurat
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Il est probable qu'Henri Rousseau souffrait d'un manque de reconnaissance de
ses pairs. Sa notoriété, qu'il évaluait en découpant des coupures de presse dans les
quotidiens, établissait davantage son manque d'apprentissage et son style peu
académique.
Malgré tout, avec force patience, il visait à s'élever, comme en témoigne , la
montgolfière à droite du tableau.
Les nuages qui reprennent la forme de son béret sont autant de condisciples qu'il espère
égaler, voire dépasser.
A noter aussi: initialement, la tête et le chapeau avaient de plus grandes proportions. |
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Sur la palette sont inscrits les prénoms de ses deux épouses : Clémence
(décédée en 1888) et Joséphine. A noter que le peintre, grâce à un repeint, à
effacer un autre prénom préalable à Joséphine. |
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Photographie de Clémence Boitard,
la première épouse du peintre |
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